Résumé séance 1 

Séance 1

 

L’(in)sécurité linguistique et la collaboration universitaire-scolaire 

Andrea Burke-Saulnier, Université Sainte-Anne

 

Nombreux chercheurs ont exploré davantage l’insécurité linguistique exprimée par les adolescents dans les écoles en contexte francophone minoritaire (Burke-Saulnier, 2015; Deveau et Dallaire, 2009; Landry, Allard, et Deveau, 2010).  Landry, Allard et Deveau (2010) et Deveau et Dallaire (2009) ont présenté des statistiques décrivant ce phénomène d’une manière plus explicite.  Par exemple, dans leur étude pancanadienne École et autonomie culturelle, Landry, Allard et Deveau (2010) expliquent que 32% participants de la région Atlantique ont exprimé un sentiment d’insécurité linguistique moyen et 5% un sentiment fort.

 

Les élèves dans les écoles francophones néo-écossaises font partie de la région Atlantique, et spécifiquement, les participants du projet de recherche exploré dans cette communication ont confirmé qu’eux aussi vivent une insécurité linguistique.  L’Agente de développement scolaire et communautaire (l’ADSC) de l’école où ce projet s’est déroulé a approché la chercheure dans le but d’organiser des activités amusantes pendant lesquelles les élèves pourraient enrichir leurs habiletés en communication orale tout en ayant du plaisir en français avec leurs pairs et en ayant l’occasion d’interagir avec les universitaires de l’université francophone avoisinante.  La chercheure et l’ADSC ont coopéré afin de réaliser ce projet, et le fruit de cette collaboration était une socialisation langagière positive qui appuiera les élèves à surmonter le défi de l’insécurité linguistique.  Lors de cette communication, la chercheure décrira le déroulement et l’impact de ce projet dans les pratiques langagières des participants.

 

Inclusion des finissants de l’immersion : où sont-ils dans la grande francophonie?

Chantal Bourbonnais, Association canadienne des professionnels de l'immersion

Lesley Doell, Association canadienne des professionnels de l'immersion

 

Le programme de l’immersion française au Canada et ses finissants sont-ils en grande partie le pont qui rapprocherait les communautés francophones et anglophones au Canada? Presque 500 000 élèves sont inscrits dans un programme à chaque année au Canada. La croissance du nombre d’inscrits et la demande de l’ouverture de nouveaux programmes ne cessent de croître même cinquante ans après sa création révolutionnaire. Or, pourquoi les finissants se sentent toujours exclus de la communauté? Pourquoi perdent-ils leur confiance à parler français? Comment les rejoindre? Nous osons demander que pourraient-on faire, les francophones, pour les accueillir à bras ouverts comme ils le font avec les communautés allophones?

 

L’Association canadienne des professionnels de l’immersion a récemment entrepris une consultation pancanadienne de grande envergure afin de mieux comprendre les enjeux du programme de l’immersion française, qui pourrait mettre de la lumière sur les solutions de rapprochement. Plus de 900 professionnels venant de tous les secteurs de l’éducation immersive ont eu une occasion de se prononcer sur l’état actuel du programme. L’étude, financée par Patrimoine canadien, a révélé trois enjeux majeurs : 1) la pénurie des enseignants en immersion 2) les compétences linguistiques des enseignants en immersion 3) les ressources spécifiques à la matière dans un contexte immersif.  Ayant plus de 50% des enseignants en immersion qui sont anglophones et seulement 30% parmi eux qui consomment des produits culturels en français, cette communication offrira un aperçu de rapprochement réussi. Une francophile de l’Ouest canadien et une franco-ontarienne/québécoise vous proposent des pistes de solutions mais surtout des pistes de réflexions.

 

 

Choix de l’éducation francophone en milieu minoritaire : les parents, entre dilemme et hésitation

Zinsou Cosme Fandy, Université Simon Fraser

 

Les mouvements migratoires récents au Canada ont transformé le paysage linguistique des provinces notamment anglophones qui connaissent de plus en plus une vague d’immigrants francophones cherchant à s’y établir. En Colombie-Britannique ce changement fait appel à de nouveaux services auxquels les organes francophones sur place s’efforcent tant bien que mal de satisfaire.

 

Dans les systèmes éducatifs existants, les parents francophones peinent à choisir entre les programmes d’immersion et ceux offerts par le Conseil Scolaire Francophone de la province. Faut-il inscrire les enfants dans une école du conseil scolaire francophone de la Province ou faut-il les inscrire dans les programmes d’immersion. Plusieurs raisons justifient cette hésitation.

 

Dans leur étude sur l’intégration des jeunes immigrants francophones africains dans les écoles francophones en Colombie Britannique Moore et al. (2008) ont tenté de montrer les raisons qui fondent cette hésitation. Selon elles, « pour certains parents, la connaissance des deux langues est un outil de mobilité sociale, alors que pour d’autres, tenter d’apprendre les deux langues n’offrent pas aux jeunes immigrants francophones la maîtrise de l’anglophonie qui leur semble l’outil principal de la réussite sociale dans leur nouvel environnement » (p.21). Cet article explore le dilemme auquel font face les parents francophones vivant en BC, dans le choix des programmes scolaire pour leurs enfants, leurs attentes et les raisons qui motivent leurs choix au regard des différentes perspectives qui s’offrent à eux.

 

 

Le maintien du français au sein des jeunes francophones en Saskatchewan

Michael Akinpelu, La Cité universitaire francophone

 

Les études sur la vitalité ethnolinguistique sont très développées au Canada, en raison de la présence des communautés de langue officielle en situation minoritaire partout sur le territoire. Il existe néanmoins très peu d’analyses de la vitalité de la communauté francophone de la Saskatchewan. Les études existantes se concentrent sur quelques villages historiquement francophones (Guimond, 2010) ou sur les « contradictions du capitalisme avancé sous l’hégémonie américaine » qui nuisent à la vitalité de la communauté fransaskoise (Denis, 2008). Par ailleurs, les chercheurs d’ailleurs au Canada qui se réfèrent à la Saskatchewan, le font souvent pour évoquer la situation critique, voire irréversible, de la francophonie dans la province (Thériault, 1995 ; Bourhis et Landry, 2008).

 

La présente communication cherche à utiliser le modèle classique de Giles, Bourhis et Taylor (1977) pour dresser un portrait que nous souhaitons réaliste de la vitalité de la communauté fransaskoise. Nous évoquerons trois variables structurales à même d’influencer la pérennité et la viabilité des communautés linguistiques, à savoir la démographie, le statut et le contrôle institutionnel. Ce faisant, nous établirons certains parallèles avec d’autres communautés franco-canadiennes, notamment celles des autres provinces des Prairies. Nous verrons jusqu’à quel point la réalité que vivent les Fransaskois est objectivement plus difficile que celle de leurs confrères ailleurs au pays. Enfin, en s’inspirant des provinces voisines, nous évoquerons certaines mesures qui peuvent être adoptées afin de favoriser la vitalité de la communauté fransaskoise.