Résumé séance 2 

Séance 2

 

L’initiative pancanadienne de microfinancement PassepART

Marie-Christine Morin, Fédération culturelle canadienne-française

Annette Boudreau, Université de Moncton

 

Depuis les années 1980 surtout, la francophonie canadienne se caractérise par sa diversité culturelle, diversité particulièrement visible dans les écoles francophones qui accueillent des enfants issus de l’immigration récente, avec des histoires et des expériences différentes de celles des enfants nés au pays. Les activités artistiques, culturelles et patrimoniales seraient-elles un moyen de créer des liens entre ces personnes et également de bâtir des ponts entre francophones provenant de différents milieux et de différentes cultures au Canada? C'est ce que nous comptons examiner en prenant l'exemple du programme PassepART, un programme national de microfinancement qui vise à offrir plus d’activités artistiques, culturelles et patrimoniales aux 700 écoles francophones en situation minoritaire.

 

Nous tenterons d’abord de montrer que la participation à ces activités contribue à construire/consolider l’identité francophone des élèves, leur sentiment d'appartenance à la communauté francophone et leur ouverture à l’autre. Ensuite, nous expliquerons comment le programme peut agir sur le sentiment de sécurité linguistique et culturelle des francophones en offrant à ces derniers de nombreuses occasions de voir et d’entendre des créations culturelles, produites tant par des personnes de l’extérieur de la communauté que par celles du milieu, ce qui les expose à des accents et à des manières de parler le français différemment et qui contribue à mieux faire accepter leur différence linguistique et culturelle et celle des autres (Boudreau 2016; Gasquet-Cyrus 2012). La réflexion sur la variation linguistique entraîne celle sur les différences sociales, compréhension essentielle pour lutter contre les inégalités et montre l’apport du programme à cette réflexion.

 

La communication permettra aussi de montrer l’importance de partir du « terrain » (Blanchet 2012; Heller, Pietikäinen et Pujolar 2018) afin d'assurer que le mécanisme de livraison du programme soit arrimé aux attentes et aux besoins des organismes communautaires et des partenaires du milieu scolaire et ainsi faciliter leur collaboration pérenne sur le terrain.

 

 

 

Le Francopass : une application pour bâtir des ponts entre l’Université et la communauté francophone

Sathya Rao, Université de l’Alberta

Martine Cavanagh, Campus Saint-Jean, Université de l’Alberta

 

Développé au cours de l’été 2019 par une équipe interdisciplinaire de l’Université de l’Alberta, le Francopass est une application mobile unique en son genre, dont la finalité est d’encourager les étudiants à prendre part à des activités au sein de la communauté francophone. Dès septembre 2019, l’application a fait l’objet d’un premier test à petite échelle auprès d’une centaine d’étudiants du département de Modern Languages and Cultural Studies et du secteur éducation du Campus Saint-Jean. Ce test a été suivi par un second test à grande échelle impliquant cette fois plus de 200 étudiants. Cette communication comportera trois volets : dans un premier temps, nous présenterons le Francopass en mettant l’accent sur le système de partenariat avec la communauté (en particulier, les organismes francophones à but non lucratif impliqués dans le projet) sur lequel il repose; dans un second temps, nous ferons état des résultats que nous avons obtenus au terme des tests menés à l’automne 2019 et à l’hiver 2020 auprès des étudiants de l’Université de l’Alberta; dans un dernier temps, nous évoquerons les perspectives de déploiement du Francopass dans d’autres contextes, en particulier dans les écoles francophones de la province où l’application pourrait contribuer au renforcement des liens avec la communauté francophone, et plus largement au renforcement de l’identité ethnolinguistique des élèves francophones en contexte minoritaire.

 

Discours de jeunes issues de l’immigration sur leur expérience à l’école minoritaire de langue française

Diane Gerin-Lajoie, OISE, University of Toronto

Marianne Jacquet, Campus Saint-Jean, Université de l’Alberta

 

Notre communication portera sur le discours de jeunes immigrantes et immigrants qui ont fréquenté les écoles de langue minoritaire française dans deux provinces canadiennes. Nos propos s’insèrent dans la thématique du colloque portant sur la diversité linguistique et culturelle dans le continuum de l’éducation.

 

Il sera ici question de la façon dont ces jeunes ont vécu leur intégration scolaire, lors de leur arrivée au Canada. Notre discussion sera fondée sur les résultats d’une étude de trois ans subventionnée par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada qui a été menée auprès de 16 jeunes de Toronto et d’Edmonton (8 dans chaque ville) qui ont récemment gradué des écoles secondaires de langue française dans ces deux villes. Les participantes et participants, âgés entre 18 et 24 ans, sont des immigrantes et immigrants de première génération. L’analyse critique, de nature qualitative, a utilisé deux méthodes pour recueillir les données : soit 1) l’analyse de politiques –les politiques ayant trait à l’inclusion ont été examinées dans les contextes de l’Ontario et de l’Alberta, et 2) l’approche de la trajectoire de vie – les jeunes ont été invités à faire le récit de leur expérience par le biais de deux entretiens en profondeur menés avec chaque individu et portant sur les phases pré-migratoire et migratoire lors du premier entretien, et sur leur expérience en milieu scolaire, lors de la deuxième rencontre. Notre communication portera sur les trajectoires de vie et discutera de l’expérience de deux jeunes, un à Toronto et l’autre à Edmonton.

 

 

La communauté francophone de la Saskatchewan : un exemple de vitalité au sein de la francophonie canadienne?

Michael Akinpelu, La Cité universitaire francophone

Michael Poplyansky, La Cité universitaire francophone

 

Les études sur la vitalité ethnolinguistique sont très développées au Canada, en raison de la présence des communautés de langue officielle en situation minoritaire partout sur le territoire. Il existe néanmoins très peu d’analyses de la vitalité de la communauté francophone de la Saskatchewan. Les études existantes se concentrent sur quelques villages historiquement francophones (Guimond, 2010) ou sur les «contradictions du capitalisme avancé sous l’hégémonie américaine» qui nuisent à la vitalité de la communauté fransaskoise (Denis, 2008). Par ailleurs, les chercheurs d’ailleurs au Canada qui se réfèrent à la Saskatchewan, le font souvent pour évoquer la situation critique, voire irréversible, de la francophonie dans la province (Thériault, 1995 ; Bourhis et Landry, 2008).

 

La présente communication cherche à utiliser le modèle classique de Giles, Bourhis et Taylor (1977) pour dresser un portrait que nous souhaitons réaliste de la vitalité de la communauté fransaskoise. Nous évoquerons trois variables structurales à même d’influencer la pérennité et la viabilité des communautés linguistiques, à savoir la démographie, le statut et le contrôle institutionnel. Ce faisant, nous établirons certains parallèles avec d’autres communautés franco-canadiennes, notamment celles des autres provinces des Prairies. Nous verrons jusqu’à quel point la réalité que vivent les Fransaskois est objectivement plus difficile que celle de leurs confrères ailleurs au pays. Enfin, en s’inspirant des provinces voisines, nous évoquerons certaines mesures qui peuvent être adoptées afin de favoriser la vitalité de la communauté fransaskoise.