Résumé séance 3

Séance 3

 

Les initiatives de vivre – ensemble et d’inclusion des minorités au Saguenay- Lac-Saint-Jean

Marie Fall, Université du Québec à Chicoutimi

 

Le contexte de sociétés diversifiées, de crise des idéologies et des institutions ne fournissant guère des clés d’une juste interprétation du monde a le malheur de plonger les communautés dans une espèce de repli identitaire et dans un rejet de la différence. Ce climat de peur sur fond de crise des systèmes politiques, d’émiettement des capacités des États et de triomphe de « l’hyper-individualisme » est exploité et instrumentalisé par divers groupes qui ont pour dénominateur commun leur ultime dessein de voir chanceler l’édifice sur lequel est bâti l'envie commune de reconnaître en chaque individu, chaque citoyen la part d’humanité qui est en nous ; même si nous avons des histoires, des cultures, des religions et des langues différentes. Au Québec, le projet de loi sur la laïcité, plus connu sous le nom de Charte sur les valeurs québécoises, et récemment l'adoption de la loi sur la laïcité de l'État a donné lieu à l’expression de réactions de rejet et d’attitudes ouvertes d’intolérance. Mais cette attitude a été le fait d’une minorité de Québécois et Québécoises. La grande majorité, comme en témoignent les nombreux gestes de solidarité et d’hospitalité, ayant démontré beaucoup de compassion et de générosité. Nous pouvons nous réjouir que de nombreux citoyens et citoyennes, les acteurs de la société civile et les institutions aient fait le choix de solidifier les charpentes sans cesse attaquées du vivre-ensemble. Derrière le portrait sombre de l’ampleur des menaces sur le vivre-ensemble, se cachent des actes de citoyens et d’organisations qui contribuent à une meilleure cohabitation entre les communautés, des relations sociales apaisées dans l’espace public, une capacité à transcender les différences. Dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, plusieurs organisations mènent des actions et des activités en faveur du vivre-ensemble. Nous présenterons les plus initiatives qui se démarquent et comment elles contribuent à une meilleure inclusion des minorités francophones et des allophones venues d'ailleurs.

 

Entre marginalité et impact : Deux cents ans d’histoire et de présence noire dans les Prairies

Omayra Issa, Reporter nationale, CBC News

 

Les médias jouent un rôle essentiel au vue du renouveau de l’élan de solidarité francophone et du désir de rapprochement des communautés francophones au Canada. Ce rôle passe notamment par les représentations des expériences issues de l’immigration francophone en milieu minoritaire. Dans le monde contemporain globalisé, j'aborderai deux questions fondamentales : comment faire de la francophonie un espace sociolinguistique inclusif au sein du Canada, particulièrement dans les Prairies et comment les médias francophones peuvent y contribuer ? Cette présentation s’appuie sur mon expérience professionnelle en tant que journaliste noire à CBC/Radio-Canada dans l'Ouest canadien ainsi que sur mon vécu comme francophone canadienne issue de la première vague d'immigration francophone en provenance de l'Afrique subsaharienne en Saskatchewan. En tant que francophone qui vit dans les Prairies depuis près de deux décennies, mon objectif ici est de lancer un dialogue avec des chercheurs sur un sujet étroitement cohérent avec le thème du Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne « Bâtir des ponts dans les francophonies canadiennes ».

 

Identité et relations métisses

Jérôme Melançon, Université de Regina

Alyssa Parker, Université de Regina

 

Depuis la fin des travaux de la Commission de vérité et réconciliation, la réconciliation entre peuples autochtones et non-autochtones est devenue un objectif pour bon nombre d’institutions et d’organismes. Les communautés francophones peuvent s’inspirer d’une initiative qui pré-date la Commission et dont les résultats demeurent à comprendre : les Tables rondes des francophones et des Métis de l’Ouest canadien (2007-2009). Ces tables rondes furent notamment l’occasion pour des participant.es métis.ses de répondre à des questions à propos de leur identité et de leurs relations avec les francophones. Un apprentissage est également possible à partir de textes qui visent un public encore plus large et qui présentent l’identité en relation à l’histoire, l’expérience vécue et les aspirations sociales et politiques des Métis.

 

Cette communication comparera les explications de l’identité métisse dans ces tables rondes et deux ouvrages qui ont marqué la discussion publique et l’auto-définition des Métis en abordant l’histoire des communautés métisses, de leur survie et de leurs luttes : Halfbreed de Maria Campbell et A Tortured People de Howard Adams. Des éléments communs se retrouvent dans ces discours : faire comprendre les effets du colonialisme sur le cours d’une vie; s’affirmer comme nation et repousser l’idée du mélange et de la proximité; et, dans le cas des tables rondes, remettre en question certaines idées reçues des francophones. Ce désir de distinction marque une limite aux types et à la teneur des rapprochements possibles et doit donc être pris en compte lors des tentatives de réconciliation.

 

Les conseils d’administration face au plafond de verre

Imen Khanchel, École Supérieure de Commerce de Tunis

 

Dans une perspective d’équité, la diversité genre du conseil d’administration (CA) est fortement recommandée car elle renvoie à la présence des élites féminines ; celles ayant des niveaux d’études élevés, ayant occupé des postes clés dans certaines entreprises et sont les plus influentes. Cette diversité permet aux preneurs de décisions d’être plus prudents entrainant une prise de décisions plus efficaces (Robinson et Dechant, 1997), une utilisation optimale des ressources (Hillman et al., 2007), une amélioration de la réputation de l’entreprise (Farrell et Hersch, 2005), une rénovation du leadership ((Kang et al., 2010).

 

Notre question est : Quel est l’effet de la participation des élites féminines au sein des CA sur la performance et sur le risque de liquidité des entreprises canadiennes et européennes?

Les recherches francophones témoignent d’avancés théoriques importantes. Dans le contexte français, les femmes administrateurs ont des parcours de formation et professionnels comparables à ceux des hommes toutefois des différences persistent entre les 2 en termes d’expérience et de types de mandats exercés (Bender et al., 2016). Dans le contexte canadien et au cours de l’année 2016, les femmes occupent 28% des postes d’administrateurs et 31% des entreprises cotées à l’indice "FP 500" sont gouvernées par des CA ne comptant aucune femme (Mouci, 2018).

 

Notre objectif est de contribuer au débat sur la féminisation du CA, en mettant en perspective des discussions sur les enjeux de la diversité genre dans un cadre francophone (dix pays) élargi tout en établissant des ponts avec les francophonies canadiennes. Au regard des réflexions théoriques sur le rôle et la composition du CA dans le processus de création de valeur, notre travail explore les dimensions relatives aux apports de compétences des femmes administrateurs.

 

En nous basant sur un échantillon de 1300 entreprises canadiennes et européennes sur la période 2010 à 2018, nous concluons que la participation des femmes permet de réduire le risque de liquidité et d’améliorer la performance des entreprises. cet effet est plus prononcé pour les entreprises canadiennes