Résumé séance 4

Séance 4

 

Quand un cadre structurant la recherche favorise la rencontre entre résultats de recherche et leur utilisation sur le terrain : démarche et réflexions

Anne Leis, Université de Saskatchewan

Gabrielle Lepage-Lavoie, Société santé en français

 

Contexte : La Société santé en français (SSF) constitue le point de rencontre de 16 réseaux régionaux, provinciaux et territoriaux concertant des partenaires intéressés à améliorer l’accès à des services de santé en français pour les CFSM. À l’automne 2019, le comité d’évaluation et de recherche de la SSF amorçait une démarche afin de doter la SSF d’un cadre permettant d’y structurer le volet recherche. L’approche retenue devait être collaborative et inclusive reflétant sa composition et son modèle de partenariat (Vers l’unité pour la santé de l’OMS). Objectif : Présenter de façon critique la démarche suivie et les leçons apprises. Méthode : Les documents de référence de la SSF, dont sa programmation 2018-2023 sa planification stratégique et sa stratégie de mobilisation des connaissances 2018-23, sa mission, sa vision, son mandat, ses valeurs ont été examinés afin d’en dégager les arrimages pour élaborer un cadre structurant du volet recherche. Une recension d’exemples de cadres de recherche a également été menée. Résultats : Ces étapes ont fait émergé la nécessité de préparer le terrain à la consultation afin d’y optimiser la participation de tous ainsi que l’importance de prévoir des activités variées pour rejoindre ses partenaires. Une année plus tard, un cadre a vu le jour, favorisant la priorisation et le partage de données de recherche et leur utilisation sur le terrain. Conclusion : Ce cadre permettra à la SSF d’être plus pertinente avec des actions de mobilisation des connaissances mieux ciblées.

 

La recherche en français en contexte minoritaire au Canada, défis et pistes de solution

Éric Forgues, ICRML

Vincent Larivière, Université de Montréal

 

Notre communication vise à présenter les premiers résultats de notre étude sur l'espace de la recherche en français en dehors du Québec. Notre étude vise à brosser un portrait du milieu de la recherche en français et à comprendre les défis qui se posent pour les chercheurs francophones et francophiles en contexte francophone minoritaire. Nos résultats porteront sur les caractéristiques de cet espace, ainsi que sur la langue employée pour rédiger des demandes de financement auprès des principales agences subventionnaires, ainsi que pour publier les résultats de recherche. Des données sur le financement de la recherche selon la langue employée et les institutions seront également présentées. Enfin, les résultats préliminaires d'une analyse des perceptions des chercheurs francophones et francophiles en ce qui concerne les défis de la recherche en contexte minoritaire seront présentés. Nos analyses s'appuient sur des données obtenues dans le cadre d'un sondage auprès des chercheurs, d'entretiens auprès des administrateurs universitaires de la recherche et de bases de données des agences subventionnaires et portant sur les publications (Web of science et Dimensions). 

 

 

 

 

Les réseaux associatifs des francophonies canadiennes : système de gouvernance ou groupes d’intérêt typiques?

Michelle Landry, Université de Moncton

Judith Bourque, Université de Moncton

 

Il s’agira de proposer un cadre analytique pour l’étude des réseaux associatifs des francophonies canadiennes, ainsi que leurs rapports aux gouvernements et aux citoyens francophones de leur province respective. Dans le champ d’études portant sur les francophonies canadiennes, ces réseaux ont tendance à être considérés comme des systèmes de gouvernance (voir les travaux de Cardinal, de Forgues et de Landry, par exemple). Les travaux plus généraux sur le tiers secteur et les groupes d’intérêts sont rarement mobilisés. Pourtant bien que les réseaux associatifs entretiennent des liens privilégiés avec le gouvernement fédéral en raison des ententes de financement, ceux-ci participent à une dynamique d’action publique qui se développe depuis les années 1980 dans la plupart des pays occidentaux. Il s’agira donc ici de recadrer l’analyse de l’organisation de la société civile francophone en situation minoritaire à la lumière des processus généraux qui définissent les liens entre les gouvernements et les groupes d’intérêt, afin de bien définir son rôle dans l’action publique canadienne. Ceci nous permettra de jeter un éclairage sur le rôle particulier de gouvernance de ces réseaux associatifs, leurs processus de légitimation de la représentation des intérêts de la population ou des catégories de population francophones, tout en soulignant les rôles et les dynamiques typiques propres aux groupes d’intérêts. Plus largement, cette problématisation permettra de faire avancer les connaissances sur le pouvoir d’influence et l’autonomie des communautés francophones en situations minoritaires.

 

L’alternance codique : rapprochement ou aliénation

Elena Nicoladis, Université de la Colombie-Britannique

 

Les attitudes implicites envers l’alternance codique varient selon la communauté, qui diffèrent dans leur conceptualisation de la pureté des langues (Heller, 1992). Dans cette étude, nous avons comparé les attitudes implicites envers l’alternance codique chez deux groupes de bilingues français-anglais : québécois et albertains. La recherche antérieure a démontré que les québécois mettent beaucoup de valeur à la pureté du français. Cependant, les attitudes explicites ont beaucoup changé au Québec depuis lors, avec une plus grande ouverture sur la variété linguistique. Par conséquent, les attitudes implicites envers l’alternance codique seront peut-être tout aussi positives chez les québécois. En Alberta, par contre, les bilingues ont souvent une conceptualisation utilitaire des deux langues, donc ils jugeront que l’alternance codique est utile pour faciliter des conversations. Les participants ont regardé des dialogues en français et en anglais avec et sans alternance codique. Ils ont évalué la politesse des interlocuteurs. Chez les québécois, l’interlocuteur qui a changé de langue mi-phrase a été jugé moins poli que celui qui n’a parlé qu’une seule langue. Chez les albertains, c’était l’inverse : l’interlocuteur qui a changé de langue a été jugé plus poli. De plus, chez les albertains, leur jugement de politesse était lié à leur évaluation de la compétence dans les deux langues. Autrement dit, si les albertains croyaient qu’un interlocuteur ne parlait pas très bien la langue-cible de la conversation, ils jugeaient que l’alternance codique était poli. Ces résultats suggèrent que les québécois valorisent encore la pureté linguistique.