Résumé séance 5

Séance 5

 

Ampère 200e : faire circuler plus de courant dans la francophonie canadienne

Mohamed Benhaddadi, Cégep du Vieux Montréal

 

Le monde scientifique va célébrer, tout au long de l’année 2020, le bicentenaire des lois d’André Ampère. C’est en 1820 qu’Ampère démontra que l’électricité et le magnétisme sont extraordinairement liés, créant ainsi l’électrodynamique, une nouvelle branche de la physique aux antipodes des idées newtoniennes de l’époque. En particulier, il a établi que la direction du déplacement de l’aiguille aimantée était dépendante de la direction du courant, tout comme il a décrit les forces que deux conducteurs traversés par des courants exercent l’un sur l’autre, ainsi que l’interaction de la force du courant avec celle du champ magnétique correspondant.

 

Aussi, Ampère est considéré comme l’un des précurseurs de la théorie électronique de la matière en émettant l’hypothèse de courants électriques et constants à l’échelle microscopique de la matière, une idée novatrice qui ne sera conforté et finir par triompher que plusieurs décennies plus tard. Ampère est aussi l'inventeur de nombreux dispositifs expérimentaux et d'appareils de mesure : la boussole astatique, le galvanomètre, le solénoïde, le télégraphe électrique, l'électroaimant. De même, A.M. Ampère n’a pas été juste un illustre mathématicien et physicien, mais aussi un philosophe et un chimiste qui a été est l'un des premiers à distinguer les atomes des molécules.

 

Une rétrospective de l’apport scientifique d’Ampère dans un Colloque du réseau de la recherche sur la francophonie canadienne est assurément de nature à promouvoir la diffusion de la culture scientifique, à valoriser les connaissances dans l’espace francophone, ainsi qu’à rapprocher les francophones du Québec et ceux en milieu minoritaire.

 

 

Reconnaissance sociale des minorités francophones au Canada et droits à l’éducation en français

Alexis Martig, Campus Saint-Jean, Université de l’Alberta

Valérie Lapointe-Gagnon, Campus Saint-Jean, Université de l’Alberta

 

À partir d’entretiens recueillis auprès d’acteurs des mobilisations passées pour l’accès aux droits à l’éducation en français en Alberta, et d’une analyse du discours des mobilisations présentes en Ontario, cette communication se propose de réfléchir aux ponts qu’il est possible d’imaginer, ou de tisser, entre ces différents moments de mobilisation et lutte sociale des minorités francophones au Canada. Pour ce faire, nous aborderons l’idée de ponts entre le passé et le présent sous divers aspects. Premièrement, le pont entre les luttes et les communautés. Nous reviendrons ici sur les discours des acteurs principaux des mobilisations albertaines des années 90 pour étudier les ponts qu’ils tissent, ou non, avec les mobilisations contemporaines de l’Ontario, ainsi que la nature de ces ponts en mettant en lumière les différents critères utilisés pour souligner un possible rapprochement : injustice, droit, culture, économie, identité, contexte politique, etc. Deuxièmement, nous comparerons les contextes et enjeux de deux situations pour se demander dans quelle mesure il est possible de tisser un pont entre ces différentes mobilisations, ou s’il faut plutôt y voir une alternance voire une rupture. Enfin, plus globalement, nous nous interrogerons sur la manière dont la mise en perspective de ces différentes mobilisations, de leurs contextes historiques et provinciaux, ou encore de l’objet de leur mobilisation nous permettent de saisir l’évolution des conditions et enjeux de reconnaissance pour les minorités francophones au pays.

 

L’héritage philosophique et politique d’Albert Jacquard : un appel à l’action

Pierre Rousseau, Campus Saint-Jean, Université de l’Alberta

 

S’il s’agit de bâtir des ponts entre les différentes communautés de la francophonie canadienne, rien ne saura nous unir davantage qu’une mobilisation derrière des buts communs. Et quels sont ces buts communs? Il est clair que la préséance de l’économie, au détriment même de la dignité humaine, a davantage contribué au morcèlement non seulement de la francophonie, mais aussi de toute la société. Au nom de la rentabilité et de la performance économique, nous avons sacrifié une grande partie de ce qu’il convient de nommer le bien commun. Le bien commun, la dignité humaine, sont des buts qui peuvent nous rassembler.

 

Dans cette communication, nous allons revoir l’héritage philosophique et politique d’Albert Jacquard. Généticien de renom, il n’a jamais abandonné son parti pris pour le bien commun et la dignité humaine. En 2000, Albert Jacquard publiait une lettre ouverte à ses futurs arrière-petits-enfants. Dans cette lettre, il évoquait la société de 2025 en disant que de grandes décisions économiques, philosophiques et sociales ne pourraient être évitées.

 

A nous tous qui œuvrons, de près ou de loin, dans un domaine lié à la formation et à l’éducation, nous aurons un rôle énorme à jouer dans ces décisions. Nous allons être les éducateurs de ces jeunes qui devront prendre des décisions. C’est une grande responsabilité. C’est aussi une responsabilité qui ne peut être évitée et qui doit être acceptée.

 

Pour une histoire diversifiée de la presse francophone dans l’Ouest : Autour de la contribution de quelques pionnières franco-albertaines

Sathya Rao, Université de l’Alberta

Heloise Torck, Université de l’Alberta

 

Dans le sillage de nos recherches sur la journaliste et femme de lettres Marie Louise Michelet (Rao 2014; Rao & Lacroix 2014; Rao 2019), cette communication vise à mettre en lumière la vie et l’œuvre de plusieurs de ses consœurs à commencer par Blanche Boulanger et Emma Morrier qui ont vécu en Alberta au début du XXe siècle. Après avoir présenté le parcours exceptionnel de certaines de ces femmes, nous le comparerons à celui de leurs homologues de l’Est du pays. Dans un second temps, nous montrerons que les positions affichées par ces femmes, en particulier concernant la religion, étaient loin d’être consensuelles comme on a souvent tendance à le croire. Dans un dernier temps, nous tenterons de mieux comprendre la place que les journaux franco-albertains faisaient à la parole féminine et de quelle façon ils la mettaient en scène. Cette communication s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche mené avec la Coalition des femmes et financé par Heritage Preservation Partnership Program.